Haïti: Concernant le Palais National
Le Palais National qui a été très endommagé à l'occasion du séisme du 12 Janvier dernier et qu'on est en train de démolir, est le troisième palais édifié à cet emplacement.
Le Palais, vers Orienté l'Ouest, avait été construit par les Français après le tremblement de terre du 3 Juin 1770 et donnait face à la Place d'Armes. Il avait été Détruit lors du bombardement du 19 décembre 1869, à la suite duquel il fut dévasté par une explosion.Le président d'alors, Sylvain Salnave, fut fusillé sur ses ruines le 15 Janvier 1870 à 6 heures 20 du soir. Le dernier vestige de ce Palais est la Barrière monumentale dite Barrière du Gouverneur qui se trouve sur la place d'Armes, exactement dans l'axe de la rue du Champ de Mars. Ce portail très rarement sert comme barrière de service. Il est surmonté d'une pièce de fer forgé qui remonte à l'époque coloniale.
Avant la construction du palais d'autre part, les Présidents haïtiens, Nissage Saget, Michel Domingue, Boisrond Canal, Joseph Lamothe, Lysius Salomon, résidèrent dans un Palais provisoire sis à la rue du Centre, à la place de l'actuelle Ecole Elie Dubois.
Le second palais, toujours orienté vers l'Ouest mais un peu au nord du précédent, fut l'oeuvre des Haïtiens. Commencé en 1880 sous Salomon, il fut achevé en 1883 et était construit en bois. Il etait richement décoré. Il avait été construit par l'ingénieur Léon Laforestrie et par l'entrepreneur Julien Sabbalat. Défendu par le général Anselme Prophète, partisan caché de François Denis Légitime, il connut l'attaque infructueuse des troupes du général Séide Télémaque les 28 et 29 septembre 1888, au cours de laquelle Télémaque perdit la vie, fauché par les puissantes mitrailleuses du palais. Deux vestiges de ce palais subsistent encore mais pour combien de temps? C'est la barrière de la rue Mgr Guilloux dans le voisinage des ministères qui vient de perdre son fronton en fer forgé après le séisme et le petit grillage qui borde des deux côtés l'allée qui part de cette barrière jusqu'au palais et au parking.
Antoine Simon avait fait construire pendant son mandat une chapelle en béton à l'arrière du palais par l'ingénieur Jacques Durocher. Ce palais a disparu dans une gigantesque explosion probablement de nature criminelle, qui coûta la vie au président Cincinnatus Leconte, arrière-petit- fils de Jean-Jacques Dessalines, le jeudi 8 août 1912. La chapelle en béton résista à la déflagration mais fut démolie lors de la construction du troisième palais. Après l'explosion du 8 août 1912, le palais provisoire fut installé dans la maison de l'avenue Christophe, qui loge l'Institut haïtiano-allemand et qui vient d'être lui aussi assez endommagé par le dernier séisme. Le président Tancrède Auguste y mourut d'une maladie de foie, le 2 mai 1913 à 9 heures du soir. Le palais national provisoire fut ensuite transféré aux nouvelles casernes Dessalines achevées en 1913 sous le président Michel Oreste. En 1915, le président Vilbrun Guillaume Sam installa le palais provisoire dans la maison Laroche au Champ-de-Mars, devenue actuelle ambassade de France. C'est cet immeuble qui fut attaqué victorieusement par les révolutionnaires bobistes le 27 juillet 1915. La maison porte encore sur sa façade les cicatrices de cette attaque.
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En 1913, un concours fut lancé pour la construction d'un troisième palais national. Ce fut le projet de l'architecte haïtien Georges Baussan qui fut retenu. Il s'agissait d'un palais en béton destiné à résister aux bombardements et aux explosions. Le nouvel édifice serait cette fois-ci orienté vers le Nord, pour minimiser les effets désagréables du soleil couchant. Le projet Baussan était inspiré du Petit Palais de Paris. Les travaux commencèrent en 1914 avant la première occupation. Ils furent achevés en 1921. Le président Philippe Sudre Dartiguenave en fut le premier occupant.
Ce troisième palais qui vient de disparaître a vécu de nombreux événements historiques, comme la passation pacifique du pouvoir de Dartiguenave à Borno, de Borno à Roy, de Roy à Vincent, la première désoccupation de 1934, la révolution de 1946, les événements de 1956-1957, la dictature Duvalier et les temps très mouvementés qui ont suivi la chute de cette dernière. Il avait connu le feu des canons de la marine du Colonel Octave Cayard lors de la révolte des gardes-côtes du 24 avril 1970, un grand incendie des dépôts de munitions dans son sous-sol le mercredi 22 juillet 1973, les tirs des blindés lors du coup d'Etat du 30 septembre 1991. C'est tout un pan de notre histoire contemporaine qui est donc tombé avec ce palais.
On est en route vers le quatrième palais national qui devra répondre maintenant aux normes anti-sismiques et qui devra être beaucoup plus grand que le troisième, car avec le temps, les services de la présidence de la République avaient enflé et se trouvaient très à l'étroit dans le palais qui est tombé le 12 janvier 2010. Les ailes Est et Ouest dudit palais avaient été déjà bidonvillisées pour créer de l'espace supplémentaire, respectivement pour les appartements présidentiels et pour les bureaux, dans un édifice qui était devenu de toute évidence bien trop petit pour les besoins actuels.








